Nouvelle hanche, nouveau genou : mobilité jusqu'à un âge avancé
Interview avec Florian Hoffmann, directeur général de implantcast GmbH
implantcast GmbH, basée à Buxtehude, est l'un des leaders dans la fabrication de prothèses et d'implants spéciaux. Depuis sa fondation en 1988, l'entreprise est devenue un spécialiste international de la technologie médicale avec plus de 850 employés et onze filiales. Aujourd'hui, implantcast livre dans plus de 70 pays. Dans une interview avec Wirtschaftsforum, le directeur général Florian Hoffmann parle d'innovation, qui peut même décider de la vie ou de la mort.
Wirtschaftsforum: Monsieur Hoffmann, implantcast développe et produit des implants orthopédiques. Comment décririez-vous grossièrement votre marché?
Florian Hoffmann: Fondamentalement, nous parlons de trois segments : le marché primaire – donc les premières implantations standardisées telles que la hanche ou le genou –, le marché des révisions, où les implants existants sont remplacés, et le marché des tumeurs. Dans ce dernier, nous sommes leaders mondiaux. Nous sommes originaires du secteur des révisions, mais aujourd'hui, nous sommes actifs dans les trois segments, avec des implants pour la hanche, le genou, l'épaule, le coude, les doigts et la cheville.
Wirtschaftsforum: À quel point vos produits sont-ils personnalisés?
Florian Hoffmann : Très efficace, surtout dans les cas complexes. Par exemple, lorsque des os sont détruits ou qu'une tumeur osseuse est présente, nous fabriquons des implants personnalisés basés sur des données de CT ou d'IRM. Le chirurgien vérifie la planification numérique, donne son approbation et nous produisons exactement selon ces spécifications. C'est particulièrement difficile chez les enfants atteints de cancer des os. Ils utilisent des prothèses de croissance qui peuvent être allongées par impulsion électrique ; ainsi, l'implant grandit avec l'enfant. Cela réduit considérablement le nombre d'opérations.
Wirtschaftsforum : Qu'est-ce qui distingue implantcast de ses concurrents ?
Florian Hoffmann : Avant tout la qualité et la proximité avec le client. Nos produits sont précis, modulaires et peuvent être combinés individuellement – et ils sont presque entièrement faits à Buxtehude. Toute la chaîne de valeur est entre nos mains, nous travaillons à peine avec des fournisseurs externes. Cela assure la transparence, la sécurité et de hauts standards. En même temps, nous entretenons des partenariats étroits, souvent de longue date, avec des médecins dans le monde entier. Beaucoup de ces spécialistes, comme des professeurs de Grèce ou du Brésil, participent activement au développement continu. Cet échange est inestimable. Nous encourageons cet échange, notamment lors de nos congrès annuels, où des chirurgiens du monde entier discutent ouvertement de cas difficiles et apprennent les uns des autres.
Wirtschaftsforum : Comment évaluez-vous le marché actuellement ?
Florian Hoffmann : La demande augmente - les gens vieillissent et attendent de rester mobiles jusqu'à un âge avancé. Mais d'un autre côté, il y a des hôpitaux sous-financés et une énorme pression sur les prix, surtout sur le marché primaire. Les grandes entreprises américaines produisent à moindre coût et dominent de nombreux domaines. Cela peut sembler attrayant à court terme, mais cela comporte des risques. Si nous voulons conserver des technologies clés comme la technologie médicale en Allemagne, le système de santé doit être prêt à s'engager. Sinon, nous perdrons savoir-faire et indépendance.
Wirtschaftsforum : Quel rôle la régulation joue-t-elle à cet égard ?
Florian Hoffmann : Elle joue un rôle important. La MDR européenne, c'est-à-dire la Medical Device Regulation, a de bonnes intentions, mais en pratique, elle paralyse l'innovation. Les autorisations prennent des années, alors que des procédures comparables aux États-Unis sont parfois achevées en trois mois. C'est un véritable désavantage concurrentiel pour la localisation européenne. Actuellement, nous préférons obtenir l'autorisation de nos produits aux États-Unis, car les cycles de vérification en Europe sont si longs que les produits arrivent sur le marché jusqu'à cinq ans plus tard.
Wirtschaftsforum : Vers quel développement implantcast doit-il évoluer dans les prochaines années ?
Florian Hoffmann : Nous allons continuer à nous développer à l'international. Récemment, nous avons transformé notre distribution en Autriche en une filiale indépendante. En même temps, nous investissons fortement dans la durabilité et les nouvelles technologies. Notre production utilise de plus en plus la fabrication additive, c'est-à-dire des procédés d'impression 3D, qui économisent les matériaux et sont plus précis. Nous misons également sur l'efficacité énergétique, la photovoltaïque et l'électromobilité. L'intelligence artificielle joue également un rôle croissant, par exemple dans la planification des implants ou dans la navigation chirurgicale.
Wirtschaftsforum: Pourriez-vous nous révéler ce qui vous motive personnellement en conclusion?
Florian Hoffmann: Ma motivation est que nous aidons concrètement les gens avec notre travail. Il s'agit de qualité de vie, de mobilité, ou dans les cas extrêmes, de survie. Ce sont des choses qui restent. Et cela me motive chaque jour à nouveau.